La Carte des Maraudeurs

Et si les Maraudeurs avaient su ce qui allait arriver ? Que se serait-il passé ?
 
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 La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}

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Juliet P. Harvey
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MessageSujet: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Lun 2 Juil - 18:53

Cela faisait plusieurs jours que Juliet songeait à se rendre à l'infirmerie. Pas qu'elle ait le moindre problème de santé, mais elle voulait voir la nouvelle stagiaire, Vipera Xanthina. Elle et pas l'infirmière. Or, le seul moyen de se rendre à l'infirmerie était de se faire mal d'une quelconque manière, -inutile de préciser qu'elle ne tenait pas à parler au point de se blesser volontairement- et même dans ce cas là, d'après les dires de certains élèves, la stagiaire n'agissait pas beaucoup, se contentant d'observer sa tutrice. Donc, même en tombant malade ou en se blessant, elle n'était pas certaine d'avoir l'occasion de discuter seule à seule avec Vipera. Autant dire qu'elle avait presque abandonné l'idée de s'y rendre.

Mais ce matin-là, l'occasion se présenta d'elle-même. Enfin une excuse pour y aller. Après réflexion, elle aurait préféré y aller de son plein gré sans douleur, mais le destin lui avait un peu forcé la main. Le destin ou un idiot de Poufsouffle, selon les points de vue. Cet idiot de Poufsouffle dont elle ne se rappelait même plus le nom était le pire crétin que la terre puisse porter. Si doué en Défense Contre les Forces du Mal que, alors que Juliet était à l'opposé même de l'endroit qu'il visait, il avait réussi l'exploit de la faire voltiger sur plusieurs mètres. Elle, qui attendait une attaque de son partenaire de Serpentard, n'avait même pas eu le temps de voir ou de comprendre ce qui lui arrivait. Elle s'était envolée et avait atterri contre une étagère. Évidemment, son poignet était dans une mauvaise position, si bien que la chute lui avait fait prendre un angle très étrange dans un craquement sinistre. Dans un autre temps, elle s'était cogné violemment la tête contre l'étagère en question et, si elle ne saignait pas, une bosse ne tarderait sûrement pas à apparaître. Juliet s'était alors mordu les joues pour ne pas fondre en larmes tellement la douleur lui était insupportable. S'il y avait bien quelque chose qu'elle détestait par-dessus tout, c'était les sorciers qui maîtrisaient aussi bien la magie qu'elle parlait japonais. Autrement dire pas du tout.
Et ce moins que rien incapable de faire de la magie correctement venait de l'humilier publiquement.

Elle s'était levé le plus dignement possible, avait fusillé du regard chaque personne dans la pièce qui aurait eu la moindre envie de ne serait-ce que sourire, et s'était approchée du Poufsouffle en question d'un air menaçant avec l'envie de le faire amèrement regretter son sortilège raté pour le restant de ses jours. Il bafouillait des excuses en rougissant, ce qui avait d'autant plus énervé la jeune fille -qui, même si elle s'était approché, ne pouvait pas se venger puisque c'était son poignet droit qui la faisait souffrir et qu'elle était droitière...
Le professeur avait enfin eu l'obligeance de réagir. Il avait enlevé seulement dix points à Poufsouffle, puis demandé si quelqu'un voulait accompagner Juliet à l'infirmerie. Ne voulant l'aide de personne et encore énervée, la sorcière avait quitté les lieux sans attendre un éventuel Préfet généreux qui serait de trop.

Juliet s'obligea à rester calme. Il n'existait que deux moyens de la calmer, et elle était dans l'incapacité totale de les employer. Le premier se réduisait à travailler en se plongeant sous une montagne de parchemins, mais elle avait besoin de soins rapidement, le deuxième à faire une bonne partie de Quidditch... Mais il n'était pas sûr de faire du Quidditch avant quelques temps si elle avait le poignet cassé. Même une fois hors de la salle de cours, loin du bruit, des sourires inquiets ou moqueurs, elle se sentait oppressée, trouvait les couloirs trop étroits, pas assez frais, sans air... Et qu'est-ce que ce ridicule poignet la faisait souffrir !
Pestant de nouveau, elle descendit jusqu'au troisième étage pour se rendre à l'infirmerie. Une fois devant la porte, elle s'arrêta un instant. Comment convaincre l'infirmière de la laisser aux bons soins de sa stagiaire ? Et puis, puisqu'elle était stagiaire, était-elle capable de la soigner ? ... Non. Ces questions étaient de façade.

Vipera allait-elle la reconnaître ? Là était la véritable question. Elles avaient trois ans d'écart. Autrement dit, la jeune stagiaire n'était pas revenue à Poudlard depuis un bon moment. Pourtant, Juliet se rappelait d'elle...
Autant l'avouer, pendant longtemps, elle avait considéré la rousse comme folle. L'ex-Serpentard rejetait les idées contre les moldus et s'étaient fait beaucoup d'ennemis à Serpentard. Mais aujourd'hui, Juliet ne la voyait plus comme une fille déjantée qui avait perdu la raison. Aujourd'hui, elle non plus n'adhérait plus à l'idéologie raciste dans laquelle la maison des serpents était plongée jusqu'au cou. Juliet soupira, attrapa la poignée sans frapper... De la main droite. La douleur inonda son avant-bras et elle le ramena vers son corps pour le protéger de tout autre étourderie. Peut-être Merlin lui en voulait-il de ne pas avoir frappé. La Serpentard soupira, toqua à la porte et entra en cherchant des yeux Vipera.


Dernière édition par Juliet P. Harvey le Jeu 5 Juil - 8:14, édité 1 fois
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Vipera Xanthina
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Lun 2 Juil - 20:07

Le temps était à l'orage à l'infirmerie. Pourquoi? Et bien tout simplement car Vipera avait réussi l'exploit de se disputer avec Pomfresh, l'infirmière en titre. Elle avait fini par craquer et dire à Poppy tout ce qu'elle pensait. Ok elle était qu'une stagiaire mais merde à la fin! Ça ne voulait pas dire qu'elle était une incapable pas foutu de soigner quelqu'un. "Je ne veux pas prendre de risque, ils sont sous ma responsabilité" Bah t'avais qu'à pas prendre de stagiaire dans ce cas, crétine. Bon, c'est vrai, on l'avait un peu imposé à ce poste, mais tout de même. Si elle arrivait elle-même a traité ses allergies, elle pouvait s'occuper des autres non?
Bref, l'air était électrique à l'infirmerie et malheureusement pour eux, les quelques élèves présents étaient en première ligne pour la sentir. Les pauvres. Ils y été pour rien. Mais ils avaient une chance, aucune des deux femmes ne passaient ses nerfs sur eux. Pomfresh avait mal prit a petite rébellion de Vipera un peu plus tôt, mais elle aurait dû si attendre. Elle était arrivée en poste quand Vipera faisait sa grande révolution. Et avec le caractère de la rouquine, c'était sûr que l'infirmière allait finir par en faire les frais si elle ne la laissait pas un peu bosser.
Ce qui avait commencé la dispute, c'est le reproche de Poppy à Vipera du fait qu'elle est prise en charge Sirius Black, son premier patient. Quoi? Elle devait laisser crever, pardon mourir, les élèves qui venaient à l'infirmerie si l'infirmière en titre n'était pas là? Connerie! Bref, voilà le point de départ. Et franchement, ça a servi. Maintenant au moins, elle avait le droit de s'occuper des élèves. HALLELUJAH!

Oui bon, depuis, elle s'était juste occupée première année qui s'était faite coller les lèvres par un de ses aînées, mais c'est déjà pas mal, hein? Hein? HEIN? Oui? Parfait!
Ah ce que les jeunes manquaient d'imagination. Coller les lèvres de quelqu'un. Pfff c'est de bas étage ça. Pourquoi ne pas mettre un chewing gum dans les cheveux de son voisin ou de sa voisine pendant qu'on y était? Faudrait peut-être qu'elle leur donne quelques leçons… NON!!! Non elle n'était pas là pour ça et de toute façon, elle n'avait pas le droit de le faire. Elle va prendre le risque de perdre son stage pour ça. Enfin… peut-être que si y en a qui sorte un peu du lot, elle pourrait s'y intéresser d'un peu plus près.

BREF! Vipera était occupée à remplir son carnet. On le lui avait donné à l'école de médecine magique. C'était en quelque sorte son journal de bord. Elle devait y retranscrire ce qu'elle faisait, mais aussi ce qu'elle ressentait. Ça l'ennuyait franchement de devoir faire ça. Après tout, des gens vont le lire à la fin de l'année. Alors y mettre ses états d'âme, ça la gonflait vraiment… Elle avait déjà son journal, et lui au moins, personne ne le lisait! C'était bien mieux. Et patati, et patata, Vipera inscrivit dans le carnet, comment elle avait décollé les lèvres du malheureux première année. C'était le deuxième cas qu'elle avait prise en charge et donc, qu'elle pouvait noter. Le premier avait médicalement plus intéressants mais bon, on ne pouvait pas toujours tomber sur le bon numéro hein?

A peine Vipera eut-elle fini d'écrire qu'elle entendit toquer à la porte et s'ouvrir. L'ex-serpentarde se leva et se dirigea vers l'entrée, où une élève blonde, apparemment de Serpentard elle aussi, était. Le poignet droit de cette dernière semblait avoir doublé de volume. Outch, ça devait faire mal. A elle de jouer alors. La stagiaire se précipita vers la verte et argent. Elle lui prit doucement le bras par le coude et regarda rapidement l'état de son poignet. Vu l'aspect, ça devait être cassé.

"Viens" Elle la guida à un lit où elle l'a fit s'asseoir. Elle alla ensuite chercher tout son nécessaire pour la soigner et faire passer la douleur. Potion, baguette, glaçon. Tout était prêt. "Qu'est-ce qui s'est passé?" Vipera secoua la fiole de potion puis l'ouvrit et la lui tendit. "Pour la douleur"
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Juliet P. Harvey
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mar 3 Juil - 13:34

Aussitôt entrée, elle fut conduite pas une tornade rousse à un lit. Vipera était bien là... Et, miracle, Merlin était avec Juliet, mais c'était bien la stagiaire qui semblait s'occuper d'elle. Les rumeurs qu'elle avait entendues étaient donc infondées ? Tant mieux. Elle n'aurait pas à inventer des mensonges pour voir l'ex-Serpentard, tout était plus simple que prévu. Et Merlin ce que ce poignet était douloureux ! Heureusement, Vipera avait pris soin de ne pas y toucher.

- Qu'est-ce qui s'est passé?demanda-t-elle.

Juliet ne répondit pas, la regardant avec ébahissement s'affairer avec rapidité et efficacité autour d'elle. En quelques secondes, elle voyait des glaçons et des fioles dans la main de l'apprentie. Il était certain qu'elle pouvait d'ores et déjà s'inscrire pour les médicomages d'urgence : aucune panique dans sa voix, qui était juste posée, et des gestes mesurés, simples, précis. Waw. Vipera secoua une fiole et la lui tendit.

- Pour la douleur, précisa-t-elle.

Malgré l'aspect douteux de la potion, Juliet n'hésita pas une fraction de seconde et l'avala sans poser plus de questions. Elle avait appris depuis longtemps à ne plus réfléchir ; elle avait bu des potions de toutes les couleurs, aux odeurs plus ou moins agréables, aux saveurs parfois immondes, avec des bulles ou des grumeaux, des remous étranges et des aspects visqueux ; mais l'apparence de la potion elle-même ne voulait plus rien dire à ses yeux. Tant que c'était efficace... L'effet fut quasiment immédiat ; tout de suite, Juliet se sentit mieux, et, même si ce n'était pas encore tout à fait ça, le soulagement, surtout si rapide, était agréable. Elle poussa un soupir de satisfaction mais ne se risqua pas à essayaer de bouger le poignet. Elle ne connaissait pas les limites de la potion et ne préférait pas tenter quelque chose qu'elle regretterait ensuite. Se rappelant soudainement de la question que lui avait posée Vipera, et dans l'espoir que cette dernière fasse comme elle en répondant aux siennes tout à l'heure, elle décida de justifier son état.

- Un idiot de Poufsouffle qui ne savait pas manier sa baguette, expliqua-t-elle rapidement. Je suis mal tombée et je me suis cogné la tête, en plus du poignet.

C'était un détail face à l'état de ce dernier, mais elle préférait en parler. La douleur évanouie la calmait et lui éclaircissait les idées. Elle jeta un coup d’œil aux alentours ; depuis le début de sa scolarité, elle avait dû se rendre à l'infirmerie moins d'une dizaine de fois, et espacées en six ans. Juliet avait une résistance aux microbes qui lui évitait bien des soucis. La plupart du temps, si elle venait ici, c'était en revenant du terrain de Quidditch, avec quelques hématomes dus aux coups de Cognards pas anticipés ou aux chutes douloureuses. Heureusement, elle n'avait jamais trop souffert.
La pièce n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'elle était venue : les draps et les murs étaient toujours aussi pâles, les lits peu utilisés et l'odeur de potions diverses, bien que légère, pas franchement agréable. Les fenêtres éclairaient la pièce d'une lumière naturelle et douce. Juliet avait toujours pensé que certains élèves profitaient vraiment de l'infirmerie et venaient ici sans raisons valables... Mais aujourd'hui, elle était bien contente de pouvoir bénéficier de soins au sein de l'établissement.
Elle avait attendu de voir la stagiaire de madame Pomfresh pendant plusieurs jours, mais, maintenant qu'elle était à ses côtés, elle ne savait plus comment s'y prendre. Jouer les petites filles perdues ? Mais dans ce cas-là, était-ce véritablement un jeu, puisqu'elle était vraiment perdue ? Ou alors poser les questions à la légère, comme si la réponse n'était pas si importante ? Vipera était-elle disposée à l'écouter ? Juliet devait-elle attendre d'être complètement guérie et soignée avant de parler de tout ça ? Pouvait-elle parler de cela à Vipera alors qu'elles ne se connaissaient pas vraiment, et que la rousse ne connaissait sûrement pas même son nom ? Mais si Juliet ne pouvait pas en parler à Vipera, à qui d'autre s'adresser ? Comment présenter le problème ?
Pour une fois, autant jouer la franchise. Juliet, après avoir vérifié que personne ne pouvait l'entendre, finit par regarder droit dans les yeux son aînée.

- Est-ce que je pourrais te parler de quelque chose d'assez... Personnel ? demanda-t-elle.

Elle se rappela que certaines filles venaient parler de choses privées d'un tout autre genre que ce qu'elle comptait expliquer à Vipera, des doutes d'ordre privé ou des questions que des élèves préfèreraient poser à une stagiaire qui était plus proches d'elles par rapport à son âge que l'infirmière. Pour ne pas qu'il y ait la moindre ambiguïté, elle ajouta précipitamment :

- ... Ça n'a aucun lien avec tout ça, la santé, l'infirmerie et le reste.

Elle engloba d'un mouvement -de la main gauche- le reste de la pièce. Non, ce dont Juliet voulait parler était différent, c'était à Vipera qu'elle s'adressait véritablement, et pas à une infirmière scolaire. Et elle en était encore plus gênée. Elle n'était pas du genre à rougir ou bafouiller, mais elle était extrêmement mal à l'aise ; elle n'avait jamais parlé de ce genre de problème avec qui que ce soit. De ses parents. Des questions qu'elle ne pouvait pas poser ailleurs. De toutes ces choses que n'importe qui ne pouvait pas comprendre ou assumer.
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Vipera Xanthina
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mar 3 Juil - 14:56

Vipera profita du fait que Juliet est bue la potion pour lui palper le poignet. Au pire, elle ne sentirait qu'une légère gêne. Mmmh… sous ses doigts, la rouquine sentait que quelque chose clochait. Elle ne s'était pas trompée, c'était bien cassé. La pauvre. Malgré la potion, elle allait avoir mal quand Vipera lui remettra en place l'os. Alors qu'elle examinait le poignet de la Serpentard, elle était attentivement ce que cette dernière lui disait. Ah un accident dû à un autre élève. Pourquoi ça ne l'étonnait pas? Un tiers des élèves venant ici étaient blessés ou malades suite à un cours. Faut dire qu'ils étaient souvent mouvementés. Un détail dans la phrase de la verte et argent retient l'attention de la stagiaire. Un choc à la tête? Préoccupant ça. Souvent, le blessé ne sentait rien alors que le choc avait pu provoquer une lésion ou autre.
Vipera tira la petite table de roulettes à côté d'elles et posa délicatement le poignet de son ex camarade de maison dessus. Ensuite, elle le recouvrit d'une serviette, pour éviter que la glace ne brûle la peau de la blessée. Ce serait problématique et vraiment douloureux. Pour finir elle mit la glace, logique. Il fallait dégonfler légèrement le membre fracturé pour pouvoir le remettre en place. Vipera aura ainsi une meilleure vue au moment du sort.

Cette fois-ci, Juliet lui demanda si elle pouvait lui demander quelque chose de personnel. Mmmmh… Vipera était intriguée. Que voulait-elle lui demander? Surtout que ça ne concernait pas ce qui venait de se passer d'après ses dires. Ni sur un plan tout bonnement de la santé. Qu'est-ce que ça pouvait être alors?

"Bien sûr, n'ai pas peur, parles. Tout ce qui est dit ici, restes ici."

C'était vrai. Quand elle avait accepté ce stage à l'infirmerie, on lui avait dit de ne jamais parler de ce qu'un élève lui disait, même au directeur, sauf si c'était une question de vie ou de mort. Apparemment, à Poudlard, l'infirmière jouait aussi le rôle de psychomage et de confidente. Enfin, personnellement, elle ne se serait jamais confiée à Pomfresh quand elle-même élève. L'idée même de le faire la … choquait.

"Montres moi où tu t'es cognée la tête."

En attendant que la fracture désenfle, elle pouvait très bien s'occuper de ça. Et puis, ça la tracassait. Elle avait peur que le choc est causé plus de dommages qu'il n'y paraissait. Et elle avait pas du tout envie qu'on l'accuse de pas avoir bien pris en charge une des élèves.
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Juliet P. Harvey
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mar 3 Juil - 16:16

Vipera tâtait le poignet de Juliet. Ce n'était pas agréable, mais pas douloureux non plus. La potion était vraiment incroyable ; quelques minutes plus tôt, la douleur aurait été insupportable. Vipera sembla intriguée par sa question et enroula son poignet dans une serviette et des glaçons. La fraîcheur était agréable, bien que Juliet n'ait presque plus mal grâce à la potion.

- Bien sûr, n'ai pas peur, parles. Tout ce qui est dit ici, restes ici. Montres moi où tu t'es cognée la tête.

Elle pouvait dire ce qu'elle voulait, elle en était certaine. Elle savait que des élèves avec des problèmes plus ou moins inquiétants avaient pu se confier sans que leurs parents ne soient jamais au courant. Mais dire les choses à voix haute les rendrait plus réelles... Ce serait arrêter de se mentir, voir les choses en face. Perspective effrayante.
De plus, Juliet avait peur de ses parents... Peut-être étaient-ils capable d'être au courant. De payer Vipera pour savoir... N'importe quoi ! Il fallait qu'elle arrête de se torturer comme ça, c'était inutile...
Juliet obéit et désigna la blessure sur son crâne. Soit, on ne devait pas voir grand-chose sous tout ses cheveux, mais même en danger de mort, Juliet refuserait qu'on coupe la moindre mèche pour mieux y voir. Elle ne tenait pas à avoir une coiffure ridicule pour un simple coup, hein ! Bon, d'accord, si vraiment elle était en danger... Et qu'on lui promettait une potion qui les referait pousser en moins de temps qu'il ne faut pour dire "chaudron", là, peut-être y avait-il une possibilité infime pour qu'elle accepte... Mais elle restait sceptique quant aux effets d'une éventuelle potion capillaire.

Vipera était tellement gentille avec elle que Juliet décida de lui exposer les faits purement et simplement.

- Je crois que mes parents... Se trompent. A propos des moldus, articula-t-elle doucement.

Juliet se mordit la lèvre inférieure. Bêtise ou pas, elle l'avait fait. Elle l'avait dit.
Cette phrase lui demandait plus d'efforts qu'il n'y paraissait. Affirmer clairement son opposition envers les idées de ses géniteurs lui aurait paru tout bonnement impensable quelques semaines plus tôt. Mais elle en était là. A rejeter leurs idées. Comme Vipera, plusieurs années auparavant. C'était la raison pour laquelle Juliet voulait lui parler, à elle et à elle seule. Elle était dans une impasse. Soit elle avouait et assumait ses nouvelles pensées, mais ce serait s'exposer à la possibilité d'être rejetée ; hors, Juliet n'était pas aussi courageuse que Vipera et ne supporterait pas de se mettre à dos tout le monde pour de simples idées, c'était bien trop effrayant. Soit elle se taisait et suivait la troupe, comme un bon mouton bien gentil ; en supportant des remarques qui lui paraissaient choquantes sans rien dire et en suivant l'exemple des autres. Mais laisser faire, ce n'était pas encourager ses camarades à insulter les Nés-Moldus, à les mépriser ?
Elle aurait préféré tout avouer, crier la vérité à tous... Mais en période de guerre, avec un Mage-Noir aux portes de l'école qui réunissait déjà des Serpentards, assumer ses idées, c'était se mettre à dos toutes ces personnes dangereuses et prêtes à utiliser des sortilèges pas très recommandables... Une impasse.
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Vipera Xanthina
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mar 3 Juil - 22:42

Vipera se plaça à côté de Juliet, lançant courir ses doigts sur la partie de la tête que la Serpentard venait de lui montrer. Elle pouvait sentir qu'une bosse commençait déjà à se former mais à part ça, ça avait l'air d'aller. Elle lui donnera tout de même une potion au cas où tout à l'heure. Mais ce n'était pas préoccupant. Surtout que la verte et argent n'avait aucun symptôme flagrant d'un traumatisme crânien. Même si tout le monde savait qu'il n'y avait pas toujours des symptômes. "Rien de grave pour la tête". Ça la rassurait. Au moins, Juliet n'allait pas s'effondrer devant elle. Vipera n'était pas le genre de personne à paniquer dans ce genre de situation, mais il y a des limites tout de même. Surtout pour une quasi première (c'était que son 3e patient après tout).

Vipera fut aussi contente de constater que Juliet lui faisait confiance. Elle avait apparemment réussi à la mettre en confiance avec très peu de mots. Pas mal, hein? Non! Pas d'auto satisfaction! C'est mal ça! Surtout quand une élève veut se confier à elle, non mais oh!
Ainsi donc, elle pensait que ses parents avaient une idée fausse des moldus. Mmmmh. Faisaient-ils parti de ces idiots affreusement racistes? Ça ne l'étonnerait pas du tout ça. C'est fou comme les préjugés ont la vie dure.

"Que veux-tu dire par là?"

Non, il ne fallait pas que Vipera parte sur des présupposés, alors mieux valait demander à la jeune fille ce qu'elle entendait par "mes parents se trompent à propos des moldus". Vipera regarda le visage de Juliet. Elle avait l'air inquiète. C'était donc un sujet qui lui tenait à cœur ou qui la préoccupait. Mais qu'est-ce qui l'inquiétait comme ça? Avait-elle peur de ses parents? Ou tout simplement de ce qu'elle voulait lui dire?

"Détends-toi. N'oublies pas que tout ce que tu me diras restera entre nous"

Vipera lui fit un sourire rassurant avant de se reconcentrer sur le poignet de l'élève. Elle enleva la glace, puis la serviette. C'était toujours enflé, mais c'était un peu mieux. Vipera récupéra alors sa baguette, qui lui servait jusqu'alors de pique à cheveux. Oui, mais sérieux, mais au moins, c'est pratique et pas encombrant comme ça. "ça va faire mal malgré la potion. Désolée. Mais après, ça ira mieux". Elle pointa sa baguette sur le poignet de la sixième année, se concentra et utilisa le sortilège adéquat. Elle fut en première ligne pour voir l'os se remettre en place, rien que par les mouvements qui s'opéraient sous la peau de la blessée. Beurk. Fallait qu'elle s'habitue à tout ça.

Par contre, pour le bleu qui allait se former, tout ce qu'elle pouvait faire, c'était donné une crème à sa patiente, qu'elle devra s'appliquer le matin pendant deux jours. Ensuite ce sera comme neuf. Pour l'instant, elle préférait lui un bandage, au moins pour la fin de la journée et pour la nuit. Ne pas prendre de risque.

Mais avant, elle attendait la réponse de Juliet. Ensuite seulement, elle ira prendre le bandage et la crème.
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Juliet P. Harvey
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mer 4 Juil - 11:48

Après avoir jeté un œil à l'état de la tête de Juliet, Vipera assura que ce n'était rien de sérieux. Un souci en moins ! On ne lui raserait pas le crâne... Et puis l'ex-Serpentard demanda à Juliet plus d'explications à propos de ses parents. Elle s'en était doutée. Vipera ne connaissait pas personnellement les Harvey, et, s'il paraissait logique pour toute personne qui les connaissait qu'ils étaient des sorciers des plus attachés aux valeurs du sang, la rousse n'en avait aucune idée. Ses paroles étaient rassurantes, agréables, douces. Juliet voulait vraiment se confier à elle...
Elle oublia un instant cette histoire de sang en voyant Vipera enlever les glaçons et la serviette de son poignet. L'avertissement ne la rassurait pas non plus : "ça va faire mal malgré la potion. Désolée. Mais après, ça ira mieux". Juliet vit l'apprentie médicomage jeter un sort sur son poignet et se mordit les joues pour ne pas hurler.
D'horreur, d'abord, puisqu'on voyait nettement l'os se reconstituer et se remettre en place et que c'était vraiment, vraiment dégueulasse.

Et puis de douleur, parce que, même prévenue, même en s'y attendant, Juliet souffrait et avait l'impression qu'on lui sciait le bras. Ou qu'elle plongeait tout entière dans un acide particulièrement actif. C'était brûlant. Glacé. Affreusement douloureux. D'accord, Juliet n'était ni très résistante à la douleur, ni particulièrement douillette, mais là, elle ne put retenir un gémissement de douleur. Elle avait envie de retirer son bras mais elle avait peur de faire une bêtise et d'aggraver la situation. Quand l'os redevînt immobile, comme l'avait prédit Vipera, le soulagement opéra. Elle se sentait mieux qu'avec une simple potion ; tout était à sa place dans son corps et c'était assez rassurant. Juliet souffla, rassurée que ce soit terminé, se rendant compte par la même occasion qu'elle avait retenu sa respiration le long de l'opération. Du sortilège. Elle n'avait jamais assisté à un truc pareil. Ouch. C'était mieux quand c'était terminé ! Juliet observa un instant son poignet sans oser le bouger et remercia d'un sourire Vipera. Elle se rappela alors la petite conversation qu'elles venaient d'entamer avant la réparation de son poignet. Ah oui. Ses parents, les moldus, et tout ça. Des détails.

- Disons que, depuis que je suis toute petite, on me répète qu'ils sont une sorte de... Race inférieure qui ne mérite pas sa place sur terre, qu'ils sont une abomination de la nature, en dessous-même des créatures que nous connaissons puisqu'ils sont incapable de faire de la magie.

Juliet fit une pause, inspira profondément.

- Et je les croyais, ajouta-t-elle piteusement. Mais... Maintenant, je crois qu'ils se trompent.

A présent, elle répugnait leurs idées. Elle voulait les faire taire dès qu'ils entamaient le sujet. Elle se rendait compte que c'était à cause de gens comme eux que la population sorcière tournait au désastre et que les engrenages d'une guerre fonctionnaient. Des préjugés, des idées reçues, et voilà qu'un mage noir terrifiait tout le monde et tuait de sang-froid les "impuretés" qu'il voyait dans le monde. Honnêtement, Juliet ne pensait pas que ses parents soient alliés avec Voldemort. Qu'ils soient ce qu'on appelait communément les Mangemorts. Elle savait que des tas d'élèves de sa maison y aspiraient ou y étaient contraints par leurs familles, mais elle n'avait jamais abordé le sujet avec ses parents. Juliet ne pouvait pas se résoudre à l'idée qu'ils se soient rangés de ce côté-là. Et pourtant, quelques mois plus tôt, elle n'aurait pas imaginé qu'ils comptaient la fiancer avant l'heure. Elle ne pouvait pas leur faire confiance. Juste essayer de ne pas finir comme eux. Et c'était un pas vers le changement qu'elle effectuait en parlant à Vipera.
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Vipera Xanthina
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mer 4 Juil - 13:22

Vipera était plutôt satisfaite par son travail. Entre la griffure empoisonnée de Sirius Black et le poignet cassé de Juliet, qu'elle avait tous les deux parfaitement soignés, ça donnait la preuve qu'elle pouvait se débrouiller en tant qu'infirmière elle aussi. Dans les dents Pomfresh! Mouhahahaha! Euh… Stop. On se calme. Décidément, Vipera se laissait un peu trop aller. Mais quand même, elle était douée non? Ça allait certainement être ses trois patients qui allaient dire le contraire. Enfin, elle espérait. C'est vrai que le Gryffondor allait garder une cicatrice. Mais le première année : aucun problème. Et pour Juliet : l'os était parfaitement en place et aussi solide d'avant.

Oh! D'après ce que Juliet lui disait, elle avait parfaitement raison. Elle avait deviné juste. Les parents de la demoiselle étaient ce genre de personnes qu'elle détestait. C'est raciste envers les moldus. Mais à ses yeux, ce n'était que des idiots qui avaient peurs de ce qui était différent. Et penser que les moldus étaient des moins que rien, ça leur permettait certainement de se sentir plus supérieurs et importants qu'ils ne l'étaient vraiment.

"Attends-moi là deux secondes, et on continue la discussion"

Vipera alla chercher la crème et le bandage. Elle se demandait si la Serpentard lui parlait parce qu'elle était l'équivalent de l'infirmière ou si, en réalité, elle était au courant de sa propre révolte contre ses parents, leurs idéologies et l'avenir qu'ils lui réservaient. C'était un peu la même chose là, non? Une Serpentarde qui commençait à se rendre compte que ce que ses parents lui disent depuis la naissance est faux. Oui bon c'est vrai, ce n'est pas tout à fait pareil… Mais tout de même….
Qu'est-ce que la verte et argent attendait en lui parlant? Etait-elle réellement prête à se dresser contre ses parents ou à assumer ses idées?

La stagiaire retourna auprès de sa patiente. Elle prit au passage une chaise et la posa devant la jeune blonde. Elle s'assit devant elle et lui montra la crème.

"Je vais t'en appliquer sur le poignet, pour faire disparaître rapidement le bleu que tu vas avoir. Mais tu devras t'en remettre demain matin, et pareil le lendemain. Comme ça, tu n'auras plus aucune trace. Comme s'il ne s'était rien passé. Tu pourras garder le pot pour de futurs coups ou autres."

Et elle fit ce qu'elle dit. Elle ouvrit le pot de crème, en prit avec le bout de son index et de son majeur et le mit sur le poignet anciennement blessé. Elle commença alors à appliquer le baume à l'aide de petits massages. A son avis, la partie la plus agréable de la guérison non?

"Malheureusement, tes parents ne sont pas de cas à part. Beaucoup de sorciers pensent comme tu dis que les moldus sont des "abominations de la nature". Mais bon, les moldus penseraient certainement la même chose s'ils connaissaient notre existence." Vipera reprit un peu de crème et recommença l'application. "Je suis contente de voir que tu réalises l'erreur de tes parents et que tu te fasses ta propre idée sur les moldus. Je les ai côtoyé plusieurs fois durant deux ans, et je peux te l'affirmer : ils ne sont en rien inférieur aux sorciers. Mais je sais aussi que c'est dur. Dur de remettre en cause ce qu'on nous a toujours dis"

Oh oui c'était dur. Vipera avait mis 17 ans avant de pouvoir dire "merde" à ses parents.
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Juliet P. Harvey
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mer 4 Juil - 14:31

Vipera partit un instant chercher un baume et des bandages. Elle lui expliqua avant de lui appliquer la crème qu'elle servait à effacer les bleus. L'odeur et la texture lui rappelèrent ce qu'elle appliquait elle-même après des chutes en balai ; mais elle apprécia les explications toujours données par la stagiaire, ce que l'infirmière ne faisait plus nécessairement ; là, Vipera expliquait toujours, pour la potion tout à l'heure, et à présent pour la crème. C'était rassurant de savoir dans quoi on mettait les pieds, ce qu'on nous faisait.
L'apprentie médicomage commença un massage du poignet, qui, en plus de ne révéler aucune douleur, était vraiment agréable.
Vipera sembla décriminaliser un peu ses parents en expliquant que la plupart des sorciers avaient le même genre de pensées. Mais même en le sachant, Juliet ne les trouvait pas plus excusables, juste plus stupides de penser cela comme les autres et de ne pas s'en distinguer. "Mais bon, les moldus penseraient certainement la même chose s'ils connaissaient notre existence."
Cette phrase étonna vraiment Juliet. Elle n'y avait jamais réfléchi. Elle avait vu sa grand-mère se fondre avec facilité parmi eux, on lui avait toujours dit de ne pas faire d'erreur, et de veiller à chaque mot prononcé en leur présence, mais elle n'avait réfléchi à la raison de ce geste qu'elle avait effectué sans se poser de question. Le pourquoi du comment. Les moldus n'auraient malheureusement aucune chance si une guerre entre eux et les sorciers éclatait. Malgré leurs armes, tous les moyens mis en place, Juliet était convaincue que ce serait un échec. Elle se rabroua pour de telles pensées. N'était-ce pas raciste que de penser qu'ils n'avaient aucune chance ? Ou juste une réalité ? La Magie était sans limite... Eux avaient des frontières. Il paraissait donc logique qu'ils soient désavantagés... Mais Juliet ne connaissait rien véritablement d'eux. Et elle ne voulait plus les juger. Elle ne voulait plus.
Tous étaient égaux devant la différence. Vipera les connaissait sans doute mieux qu'elle et devait avoir raison sur le fait qu'ils seraient aussi effrayés et donc cruels envers des sorciers, mais elle ne voulait pas non plus de jugements hâtifs. Croire aveuglément les autres ne lui avaient rien apporter, alors, tout en croyant ses aînés, elle gardait une certaine réserve.

- Je suis contente de voir que tu réalises l'erreur de tes parents et que tu te fasses ta propre idée sur les moldus. Je les ai côtoyé plusieurs fois durant deux ans, et je peux te l'affirmer : ils ne sont en rien inférieur aux sorciers. Mais je sais aussi que c'est dur. Dur de remettre en cause ce qu'on nous a toujours dis, affirma Vipera.

Oui. Vipera était bien placée pour le savoir, d'après ce que Juliet savait. La Serpentard hocha la tête. C'était dans la nature humaine, et même plus largement dans la nature tout court, que les plus petits suivaient les plus âgés et reproduisaient leurs faits et gestes. Elle avait appris ces choses comme elle avait appris à marcher, à parler ; cela accompagnait sa vie de tous les jours, son épanouissement, son évolution. C'était comme une étape normale de la vie, elle n'avait fait qu'écouter, comprendre, appliquer, suivre l'exemple. Et là, tout à coup, elle se rendait compte qu'on li avait fait suivre un mauvais chemin, que ceux qui lui avaient tout appris se trompaient... Oui, c'était dur à accepter, à assimiler. Elle aurait bien fait comme si de rien n'était, comme si elle ne s'était pas aperçu de cette erreur de parcours, de destination, si le chemin dans lequel elle était engagée n'était pas si choquant. La vie de dizaines de personnes étaient en jeu ! Aujourd'hui, un mage noir faisait pleuvoir leurs corps sur l'Angleterre... Et d'après les journaux, ce n'était qu'un début. Commencer à réagir face à cela était là véritable étape. Le bon chemin à prendre. Juliet en était convaincue. Le seul problème, c'est qu'il était plein d'obstacles. Et que, même si Vipera la rassurait considérablement en lui assurant qu'elle ne se trompait pas, les obstacles ne disparaissaient pas tous.

- Mais aujourd'hui... Avec tout ce qu'il se passe dehors, le Seigneur des Ténèbres et tout ses partisans... Est-ce que ce n'est pas dangereux de ne pas être d'accord ? Est-ce que penser autrement fait de nous des résistants, des ennemis à leur système ?

Le Seigneur des Ténèbres. Juliet tiqua après l'avoir prononcé. Elle l'avait toujours entendu appelé ainsi, par ses camarades où les adultes qu'elle côtoyait -soit ses parents, leurs amis, connaissances et collègues- et elle se rendait compte de sa signification. L'appeler ainsi n'était pas une sorte de marque de respect ? Parce que ce gars la dégoûtait vraiment, elle ne voulait rien avoir à faire avec lui ! Et puis, Vipera pouvait imaginer des choses sur son compte, ce qu'il valait mieux éviter.
D'accord, les questions qu'elle avait posées ressemblaient aux paroles d'un lâche, d'une goule mouillée. Mais si la guerre commençait et qu'elle partait dans le camp opposé à celui de ses parents et de ses camarades, ça devenait assez terrifiant. Elle ne connaissait personne qui pense que les moldus sont des gens à peu près normaux au sein de Serpentard ou dans son entourage proche. C'était bien pour cela qu'elle s'était confiée à Vipera, mais elle était encore un peu effrayée. Si Voldemort gagnait la guerre et qu'elle était dans le mauvais camp, elle n'imaginait même pas ce qui l'attendait ; si elle n'était pas certaine, que c'était des idées en l'air provoquée par une crise d'adolescence et ses hormones, inutile de dire que Voldemort ne verrait pas la différence. Le problème, c'est qu'elle avait vraiment l'impression que le système était injuste, et que ce qu'elle avançait étaient bien plus, dans sa tête, qu'une histoire de crise d'adolescence ou une colère contre ses parents. Que faire ? Que penser ? Elle n'en avait aucune idée. Elle pouvait juste se tasser dans son coin et ne rien dire le temps que ça se passe... Mais elle détestait l'idée d'être de côté et pas dans le feu de l'action.
Elle se rendait bien compte que ce qu'elle avait demandé à Vipera puisse paraître choquant, inapproprié, inattendu ou quoi que ce soit d'autre. Mais c'était une partie de ce qui la rongeait et, puisqu'elle avait commencé à en parler, autant y aller jusqu'au bout. Décider du jour au lendemain de devenir un ennemi officiel du plus grand mage noir de tous les temps, c'était quand même une décision qui amenait à réfléchir, non ?
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Vipera Xanthina
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mer 4 Juil - 18:04

Dès que Vipera eut fini d'appliquer la crème sur la main et le poignet de Juliet, elle s'essaya les mains. C'était assez gras quand même. Très utile et très efficace, mais gras. Beurk. Elle ira ses les laver correctement une fois que tout cela sera terminé. L'hygiène, c'est très important. Encore plus quand on est amenée à soigner, en autre, des plaies ouvertes. Comment les élèves de Poudlard pouvaient passés autant de temps à l'infirmerie? NON! Ne répondez pas! Ça ne sert à rien. Elle connaît déjà la réponse. On est à Poudlard après tout. Avec les créatures de la forêt, les cours parfois dangereux, le quidditch et les élèves maladroits ou turbulents. Il y avait toujours au moins un élève à l'infirmerie. Mais bon, le pire c'est avec le quidditch. Dans ce moment-là, il y a le blessé, les amis et les autres membres de la maison (les fans et les groupies?). Houla, dire qu'elle allait devoir se coltiner ça!? Par Merlin, elle n'avait pas hâte que les matchs de Quidditch commencent!

Juliet lui posa des questions. Des questions qui reflétaient en réalité ses craintes. Alors c'était donc ça? Non, Vipera ne dira pas que ses peurs étaient infondées. C'était faux. Elles étaient parfaitement compréhensibles, surtout par les temps qui courent. La stagiaire eut un petit sourire moqueur. Les sorciers critiquaient les moldus, les traitaient d'êtres inférieurs, mais ils agissaient exactement de la même façon. Vipera avait fréquenté les moldus. Elle avait appris leur histoire. Dans les années quarante, il y avait eu ce qu'ils avaient appelés la "Seconde Guerre Mondiale", où les Allemands s'en étaient pris aux juifs, disant justement que c'était une race inférieure. C'était la même chose là non? Ce "Seigneur des ténèbres", qui ne méritait pas du tout le titre de seigneur, prônait une politique anti-moldue. Vipera se demandait comment il réagirait si elle l'informait qu'il copiait le même schéma que des moldus trois décennies plus tôt…

"Je ne vais pas te mentir. Oui c'est dangereux. Mais cela l'a toujours été. Mais si personne ne s'était jamais dressé contre les préjugés ou les idées de fous extrémistes, les choses n'auraient jamais avancé. Nous vivrions dans un monde gouverné par ces mêmes fous. Les moldus eux aussi ont été confrontés à ce genre de situations. Ils n'ont pas eu la force de se dresser, et des millions de personnes sont mortes."

Vipera prit le bandage qu'elle était allée chercher un peu plus tôt et enroula le poignet de l'adolescente dedans. Elle veilla à ne pas trop le serrer, pour ne pas gêner sa circulation sanguine.
Maintenant qu'elle y pensait, les moldus étaient encore coincés dans ce genre de situation. Avec "la Guerre Froide" qui a commencé dans les années cinquante si sa mémoire était bonne. L'un des pays concernés était apparemment gouverné par une sorte de dictateur, qui faisait emprisonné ou tué toute personne osant remettre en cause son autorité ou son régime totalitaire. Entre les moldus et les sorciers, il y avait un point commun : leur nature profonde. L'être humaine aime la violence et le pouvoir…

"Alors oui, remettre en cause leurs idées, c'est dangereux. Mais ne rien faire ou pire, les soutenir, c'est bien pire. C'est comme leur donner l'autorisation de tuer les moldus sans aucune réelle raison. Oui nous sommes en quelques sortes des résistants ou des ennemis de leur système. Mais au moins, nous, nous ne sommes pas des monstres."

Vipera ne voulait pas que Juliet se berce d'illusions. Elle ne voulait pas lui mentir et lui dire que même en revendiquant ses idées, elle serait en sécurité. Car c'était faux. Elle devait savoir à quoi elle s'engageait. Et après seulement, elle pourrait décider ce qu'elle voulait vraiment faire. L'élève de médicomagie ne voulait pas lui forcer la main. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était être sincère avec la jeune fille (au moins elle, elle l'était). Et lui laisser la liberté de choisir, tout en espérant qu'elle ferait le bon choix.
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Juliet P. Harvey
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mer 4 Juil - 19:31

Beaucoup d'adultes croient les plus jeunes trop faibles ou jamais prêts pour connaître la vérité. La vérité avec ses mots, durs, choquants, bruts. La vérité. Ils se noient sous les euphémismes et les sourires désolés, et tout est pire, parce qu'on n'est jamais certain de ce que l'on doit attendre de la vie. Mais rien n'est naturellement atténué ou simplifié. Il y a des choses qu'il vaut mieux savoir comme elles le sont et pas autrement. Peut-être Vipera apportait cette franchise parce qu'elle était encore jeune, et proche de l'âge de Juliet. Peut-être était-ce dans sa nature. Mais, comme quelques minutes plus tôt lors de ses explications pour les médicaments qu'elle utilisait, ses paroles, bien que directes, sonnaient vrai, et cela faisait un bien fou. D'entendre, d'écouter la vérité, de connaître son authenticité sans avoir besoin de vérifier par soi-même.

- Je ne vais pas te mentir. Oui c'est dangereux. Mais cela l'a toujours été. Mais si personne ne s'était jamais dressé contre les préjugés ou les idées de fous extrémistes, les choses n'auraient jamais avancé. Nous vivrions dans un monde gouverné par ces mêmes fous. Les moldus eux aussi ont été confrontés à ce genre de situations. Ils n'ont pas eu la force de se dresser, et des millions de personnes sont mortes.

Le discours que Vipera tenait résonnait en elle. Les moldus s'étaient entretués par millions ? Comment était-il possible de tuer autant de personne à la fois ? En combien de temps ? Finalement, peut-être qu'un combat moldu/sorcier serait moins facile à gagner qu'il n'y paraissait. Ils devaient avoir de sacrées ressources. Quelle horreur...
Cela rappelait vaguement des cours d'Histoire de la Magie - les rares fois où Juliet avait daigné écouter le professeur-fantôme plus efficace que les meilleures potions pour dormir- avec les révoltes des gobelins. Bien sûr qu'elle avait déjà entendu parler de guerres, de tueries terribles à travers l'histoire... Mais savoir qu'elle vivait dans une telle époque était terriblement angoissant.
Des millions de personnes allaient mourir. Peut-être Juliet elle-même allait-elle mourir. Mais se dresser contre eux sauverait d'autres personnes. D'autres innocents. Le massage s'était arrêté. Juliet ne s'en était même pas rendu compte. Est-ce que ça faisait longtemps ? Elle avait l'esprit tellement ailleurs... Elle regarda distraitement Vipera enrouler son poignet dans des bandages. Elle n'était pas trop gênée, car le serrage était bien dosé.
16 ans, c'est jeune pour mourir. Bien trop jeune. Elle avait le temps. Elle voulait avoir le temps. Bien sûr qu'elle n'était pas en danger immédiat, mais dès la minute où elle annoncerait ses idées, ce serait le cas. Elle était trop jeune pour tout ça. Pour une fois, juste un instant, elle avait envie qu'on lui mente, qu'on lui dise que tout le monde s'en fichait, qu'elle pouvait penser ce qu'elle voulait et qu'il n'y avait aucune conséquence aux différents choix de la vie. Merlin, on ne l'avait pas prévenue que tout serait aussi compliqué. Elle en arrivait presque à regretter une période d'insouciance et d'inconscience totale. Elle devait grandir. Même si ça impliquait entrer en guerre. Elle avait presque envie de pardonner à ses parents, de se dire qu'ils l'avaient protégé de tout cela... Mais au final, non, puisque si ses parents n'avaient pas eu ces idéaux, elle ne serait pas en conflit avec eux, et donc pourrait assumer librement ses pensées.

- Alors oui, remettre en cause leurs idées, c'est dangereux. Mais ne rien faire ou pire, les soutenir, c'est bien pire. C'est comme leur donner l'autorisation de tuer les moldus sans aucune réelle raison. Oui nous sommes en quelques sortes des résistants ou des ennemis de leur système. Mais au moins, nous, nous ne sommes pas des monstres.

Encore une fois, on lui offrait la vérité. Pure et simple. Difficile à digérer. Ne rien faire, n'était-ce pas comme les soutenir au fond ? Elle se sentirait tellement coupable si elle restait là, les bras croisés. Comment pourrait-elle croiser son reflet dans le miroir en sachant que son inaction causait des morts ? Elle ne pourrait pas. Bien sûr que sa décision était prise. Si elle agissait dans un sens, c'était complètement. Le problème était davantage d'assumer complètement ses idées. De l'avouer à ses parents, à ses amis, aux autres...

Elle ne voulait pas devenir un monstre. Si elle n'en avait pas déjà été un toutes ces années.
Ses parents. Ses parents allaient la détester. Ça, à la limite, elle le leur rendait bien depuis quelques semaines. Depuis qu'elle connaissait leur véritable nature. Ce qui était plus inquiétant... C'était qu'elle dépendait totalement d'eux. Financièrement, d'abord. Et même en fuyant chez elle pour se trouver un job... Reniée, elle aurait du mal à se faire une place dans le Ministère ou quoi. Sans piston. Et comme elle était habituée à vivre comme une véritable petite princesse, le choc serait dur. Mais ses parents pourraient peut-être l'écouter, ils pouvaient la croire à propos des moldus, changer d'avis... Non. A la réflexion, ils avaient eu des années pour y réfléchir. Ils n'allaient pas changer du jour au lendemain parce qu'une gamine de seize ans, qu'elle soit leur fille ou non, leur disait qu'ils se trompaient. Elle dépendait d'eux. Juliet soupira. Elle n'était pas prête à se rebeller si elle n'y mettait pas du sien.

- Merci de m'avoir si bien soigné, commença-t-elle. Et merci d'être aussi sincère. A mon tour d'être franche avec toi... Si je me suis adressée à toi, c'est parce que j'ai entendu ton histoire. Je savais que tu rejetais toutes ces idées anti-moldues à Poudlard... Et au départ, je te prenais pour une folle, rit-elle. Mais tu es la seule personne, au fond, avec qui je pouvais en parler. Maintenant que je me suis fais une raison moi-même, je ne sais pas comment dire tout ça à mes parents. J'ai tendance à beaucoup moins les apprécier ces temps-ci, mais ils ont toujours autant d'influence, ils peuvent encore me manipuler pour me faire revenir dans toutes leurs magouilles. Je n'aime pas le penser, mais au fond, je dois être assez influençable.

Bien sûr, pas par n'importe qui. Mais ses parents, c'était indiscutable, ils la menaient par le bout de la baguette et se servaient d'elle comme d'une marionnette. Dire qu'elle ne s'en apercevait que maintenant, après tant d'années la dégoûtait. Déjà, devait-elle leur dire ce qu'elle pensait ; et si oui, de quelle manière ? En désobéissant ? Directement ? Par lettre ? Les questions étaient les mêmes par rapport à ses camarades de classe. Voir les visages de tout ceux qui criaient des "Sang-de-Bourbe !" dans les couloirs la fit frissonner. Elle n'oserait jamais devant eux... Pourtant, il le fallait.

- Je ne sais pas trop comment m'y prendre pour assumer mes idées, avoua Juliet. Si, par exemple, j'empêche des amis de mépriser les Nés-Moldus, est-ce que ça changera grand chose ? Ce n'est même pas sûr que ça marche... Et je serai toute seule.
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Vipera Xanthina
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Mer 4 Juil - 22:20

Les soins étaient finis. Maintenant, il ne leur restait plus que leur discussion. Discussion hautement importante. Peut-être plus que les soins qu'elle avait opéré. Non. Pas peut-être. C'était sûr. Car cette discussion pouvait changer bien des choses dans la vie de Juliet. En bien ou en mal, Vipera ne le savait pas encore. Elle espérait que ce soit en bien. Que la Serpentarde fasse le bon choix et qu'elle s'en sorte. Un peu comme elle. La stagiaire s'en sortait bien non? Elle menait sa vie comme elle le voulait et non comme d'autre le voulait. Avec ses idées et ses envies. Et peu importe ce que les autres en pensent. Depuis sa révolte, Vipera avait la chance de ne pas s'inquiéter, de ne pas se préoccuper de ce que les autres pensaient d'elles. Beaucoup n'avait pas la même chance d'elle. Bien trop ne se faisait qu'attention à leur image. N'était-ce pas pitoyable? N'était-ce pas vivre dans l'asservissement? Mais au fond, Vipera n'était-elle pas folle de croire que elle, elle était libre? Si, très certainement. Mais elle aimait y croire. Se mentait-elle à elle-même? Ce serait ironique, alors qu'elle ne voulait dire que la vérité à Juliet. Mais c'était si bon de croire en sa liberté.

Oh! Alors Vipera avait eu raison de se questionner sur le pourquoi de ses confidences. C'était bien par rapport à sa propre révolte et sa propre revendication. Comme quoi, ce n'était pas une si mauvaise chose. Surtout si d'autres élèves de Serpentard pouvaient la prendre comme modèle. Ahahahah! Juliet aussi l'avait pris pour une folle à cette époque-là! Mais elle ne pouvait pas lui en vouloir. Au moins 99% de la maison avait dû la prendre pour une tarée ou une "traître à son sang", qui sait. Et ça devait être encore pire maintenant qu'elle avait envoyé bouler ses parents et ses fiançailles.
Vipera était flattée et heureuse que la verte et argent lui fasse confiance et qu'elle voit en elle un personne à qui elle pouvait se confier et demander conseil.

"Je te comprend. Quand j'étais plus jeune, je faisais tout pour être une petite fille modèle. La fille que mes parents voulaient que je sois. Nos parents nous élèvent. Nous accompagnent dans notre croissance. Nous éduquent. Du coup, ils sont aussi les personnes les plus aptes à nous manipuler. Tu n'es pas un cas à part. Mais nous ne devons pas vivre dans l'ombre de nos parents. Nous ne devons pas les laisser totalement nous façonner. Il faut apporter notre touche personnel." Vipera lui fit un sourire rassurant. Elle était passée par là. Elle savait ce que c'était, à quel point c'était dur, et un peu effrayant. Enfin ça pouvait l'être beaucoup. Ça dépendait des personnes.

"Tu peux toujours leur parler. Parler à tes amis ou aux autres élèves de ta maison. Mais très certainement peu t'écouterons. Certains sont bien trop ancrés dans les idées de leurs familles. D'autres n'ont pas, et n'auront peut-être jamais, le courage de remettre en cause ce qu'on leur répète depuis leur naissance. Mais même ce "peu" c'est bien, c'est important. Même si ce n'est qu'un, deux, ou soyons fous, trois élèves, c'est plus que ce qu'on peut espérer. Ça changera ta vie, immanquablement. Et ça fera des adeptes en moins pour ce fou de mage noir. Dis-toi que la guerre chez les moldus a fait plus de cinquante millions de morts en quatre ans. J'ai peur que si on le soutient ou si on ne dit rien, il fasse les mêmes dégâts. C'est un fou. Un extrémiste. Veux-tu l'aider? Non. Je ne pense pas. Sinon tu ne serais ici, en train de me parler de tout ça."

Mmmmh… Faudrait peut-être qu'elle arrête non? Parce que parler de 50 millions de morts, c'est déprimant. Mais au moins, ça illustrait très bien ses propos. Si on pouvait tuer autant de personnes pour des idéologies moldus, pourquoi "le seigneur des ténèbres" ne pourrait pas en faire autant à coups de baguette magique?

"Et non, tu ne seras pas seule. C'est toujours ce qu'on se dit, mais ça n'arrive quasiment jamais. Il y a toujours quelqu'un pour nous soutenir. Et si un jour, tu décides de dévoiler au grand jour tes opinions, je te soutiendrais."

C'était vrai. Elle n'allait pas la laisser seule si elle le faisait. Juliet lui parlait, lui demandait conseil. Elle ne pouvait pas lui tourner le dos comme ça.
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Juliet P. Harvey
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MessageSujet: Re: La rébellion de deux serpents [PV Vipera] {Terminé}   Jeu 5 Juil - 7:43

D'après Vipera, Juliet n'était pas la seule à se faire manipuler par ses parents. C'était rassurant, dans un sens, de ne pas être la seule personne vulnérable, mais effrayant dans un autre, puisque tous les Serpentards qui se croyaient hors d'atteinte, puissants et intouchables, étaient en fait les plus concernés.
Juliet n'avait jamais été une petite fille modèle comme Vipera. Du moins c'est toute l'impression qu'elle laissait. Elle voulait tout tout de suite, était capricieuse et impatiente depuis qu'elle était en âge de parler. Et si elle agissait ainsi, c'était bien parce que ses parents lui offraient tout immédiatement, ne le laissaient jamais réclamer trop longtemps. Ils lui offraient tellement de chose qu'elle avait cru, longtemps, avoir aussi droit à la vérité. C'était visiblement l'unique chose qu'ils ne lui laissaient pas avoir. Mais au fond, Vipera n'avait-elle pas raison ? Les bonnes notes qu'elle recevait, la tenue qu'elle suivait, les lettres qu'elle écrivait... Tout cela n'était pas simplement pour les autres ? Pour faire plaisir, pour être celle qu'on attendait d'elle ? Ses parents méritaient bien qu'elle n'en fasse qu'à sa tête en dépensant leurs gaillons par centaines. Le problème était là. Elle croyait être libre depuis le début sur de nombreux points, et, au final, il s'avérait qu'elle se leurrait complètement. Cette vérité, elle n'avait pas besoin d'eux pour la connaître. Elle la sentait, amère, partout en elle, qui bouillonnait.

Est-ce que le résultat espéré valait-il qu'elle perde tout ? Est-ce que deux ou trois convaincus, c'était une raison suffisante pour perdre amis, parents, respect des autres ? Juliet n'en avait pas l'impression. Elle n'avait pas commencé, mais il semblait que tout ce qu'elle allait faire serait inutile et lui coûterait. Elle n'avait jamais été très généreuse, aimé donner sans rien recevoir en retour. Et là, on lui demandait de donner vraiment beaucoup, sans aucune certitude de recevoir quoi que ce soit en échange. Mais avec la possibilité d'éviter une guerre. Des morts. Dis-toi que la guerre chez les moldus a fait plus de cinquante millions de morts en quatre ans. Juliet tressaillit. C'était impossible. Tant de monde ? Cela faisait plus de douze millions de mort par an. Si les moldus étaient capable de tant, les sorciers pourraient s'auto-détruire. Les moldus étaient très nombreux... Les sorciers beaucoup moins. Vu les chiffres, et sachant qu'il y aurait des progrès dans le domaine -si on pouvait appeler ça des progrès-, les sorciers pouvaient être amenés à disparaître. A s'entretuer, tous. La Serpentard en avait la chair de poule. Ceux qui croyaient préserver une "pureté" du sang sorcier le faisaient disparaître... Ils agissaient en gaspillant ce sang, en le souillant d'idées violentes et d'envies de violences...
Juliet avait une sérieuse envie de vomir. De vomir les mensonges, les choix, les idées de tous...
Comment un fou, un seul, pouvait créer autant de dégâts ? Bien sûr, il était rapidement entouré, de gens qui suivaient le même genre d'idéologie, mais là... Voldemort était bien plus dangereux que ce que Juliet s'était imaginé. Il avait déjà convaincu les trois-quart de ses amis, sûrement ses parents, d'autres...
Il fallait qu'elle contacte sa grand-mère. Avec Vipera, c'était la seule qu'elle connaissait à peu près et qui pouvait comprendre.

La dernière affirmation de Vipera, tellement rassurante, la fit sourire. Elle avait un soutien. Un, et peut-être d'autres qu'elle ne soupçonnait pas encore, mais elle n'était plus seule. Et ça, indirectement grâce à l'autre débile de Poufsouffle. Il faudrait se montrer indulgente et pas trop cruelle quand elle irait lui casser la figure.
Vipera la soutenait. Cette certitude était de loin la plus rassurante qu'elle ait dans la tête depuis bien longtemps.
Elle aurait bien aimé prononcer une promesse en retour, mais elle ne savait plus de quoi l'avenir était fait.

- Merci. Merci beaucoup. J'ai besoin d'un peu de temps... Mais je crois que je vais vraiment le faire. Grâce à toi.

Du temps. Juste un peu de temps. Le temps de profiter de ses seize ans dans l'insouciance encore un peu avant de se jeter dans la guerre, du temps pour réfléchir - pas tant à ses idées, elle était sûre du chemin à prendre à présent - mais plutôt pour penser, voir, comprendre et se préparer. A tout raconter. A convaincre d'autres. A leur demander de l'accompagner sur ce chemin plein d'obstacle à l'allure assez effrayante.
Juliet décida qu'elle était restée assez longtemps. La jeune sorcière était soignée à présent et n'avait plus vraiment de raison d'imposer sa présence. Bien sûr, parler ici lui avait fait beaucoup de bien. Mais elle ne pouvait pas rester éternellement. Vipera l'avait vraiment bien aidée, à son tour de se débrouiller seule pour la suite. Elle remercia une nouvelle fois d'un sourire la rousse, prit le pot de crème et se dirigea vers la sortie, l'esprit fourmillant d'idées plus ou moins claires qui le deviendraient sans doute avec le temps. Une fois arrivée à la hauteur de la porte, elle regarda une fois en arrière, pour voir cette infirmerie. La prochaine fois qu'elle viendrait -soit, si elle ne se cassait pas la figure d'ici-là- ce serait sans doute pour revoir Vipera. Après avoir assumé ce qu'elle pensait. Elle sortit en fermant la porte derrière elle, après avoir salué la stagiaire. Elle avait à penser à présent...

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